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lundi 13 octobre 2014

Un morceau d'Histoire - Protestantisme

En ce moment, j'ai envie de partager des romans ... 

La nuit des Quintanelles 
de Pascale Perrier
Nathan, 2014.

Quatrième de couverture:
France, 1685. Louis XIV a interdit la religion protestante dans son royaume et ses impitoyables soldats, les Dragons, traquent tous ceux qui refusent de se convertir au catholicisme. Malgré le danger, Jeanne et sa famille, de simples sabotiers, continuent de pratiquer leur foi en secret. Au fil des assemblées clandestines, Jeanne et Samuel, le fils du comte des Quintanelles, sont attirés l'un par l'autre. Leur amour a-t-il une chance face aux Dragons ? 

Une autre époque, d'autres conflits religieux. 
Pour ne pas oublier, que certaines religions ont été interdites, même si désormais elles ne le sont plus. 
Pour montrer qu'en fonction de l'Histoire, des personnes au Pouvoir, les luttes religieuses évoluent.

Ce roman mêle faits historiques et fiction, afin d'emmener le lecteur au XVIIe siècle, dans une région de France où les protestants ne se sont pas soumis. À la fin, l'auteur explique clairement ce qu'il a créé et ce qui tient de la réalité. 

Même pour des collégiens, qui ne sont pas de grands lecteurs, ce genre de roman permet de mettre un pied dans l'Histoire, de manière agréable. Un sujet précis, à une époque précise, pour en apprendre un peu plus sur un moment important de l'Histoire. 

lundi 6 octobre 2014

Une étoile dans le coeur - Louis Atangana

Il y a des milliers de manières d'être juif. J'en vois deux principales. La première est intime. Intérieure. La deuxième est plus trouble. Liée à l'histoire. À l'image du Juif construite au cours des siècles. Dans des écrits. Dans les actes. Souvent tragiques d'ailleurs. Remarque, je ne dis pas que les deux sphères ne se rejoignent pas. L'histoire est une machine puissante. Qui transforme les hommes. [...]
Merde alors. Grnad-Père parlait trop compliqué pour moi. Pire que maman. Les réponses que j'attendais m'esquivaient.

Là maintenant, je relis le quatrième de couverture, et je me dis qu'il résume très bien l'histoire de Damien, alors le voici : 
Damien se dit black. Pas africain, pas noir, black. Parce qu'il a la peau caramel, le nez épaté et les cheveux crépus. Même si son père est congolais et sa mère française et blanche. Jusqu'à ce qu'il découvre que l'histoire de ses origines est encore plus compliquée. Black et juif. Dans la cité des Iris, on n'a jamais vu ça. Alors on le montre du doigt. Viennent les insultes et les tags. Puis une BMW est lancée à fond sur lui, comme un rhinocéros fou ... Alors, pour dire ses déchirures, Damien nous raconte son histoire, avec la rage de ses mots et son envie de vivre, loin des regards qui assassinent. 
Ce roman, il est arrivé chez moi, car j'avais aimé Billie H. du même auteur, paru également au Rouergue dans la collection doado. J'avais envie de lire autre chose de lui, alors je me suis plongée dans l'histoire de Damien, sans savoir qu'elle ferait partie de ce blog. 

Les mots utilisés par l'auteur expriment très bien la détresse de cet adolescent, qui ne sait plus où se situer par rapport aux autres. L'histoire est forte, pleine de colère, contre sa famille et ses amis. Il est qui ? Quoi ? Le départ de son père a déjà rendu sa vie difficile, mais découvrir qu'il est juif, lui semble pire que tout. 

Ce roman fait réfléchir sur l'importance de l'héritage, quand il est question de religion. Pourquoi tout change dans la vie de Damien, après cette nouvelle alors que sa mère n'est pas pratiquante, et n'a pas l'intention de le devenir ? 

Un roman à lire et à conseiller aux adolescents, car nous n'accordons pas tous la même place à la religion dans nos vies, mais qu'elle a sûrement du compter un jour où l'autre pour nos aïeuls. 

Les références de ce livre: 

Une étoile dans le coeur
de Louis Atangana
Rouergue, 2013, coll. doado.

L'extrait cité là-bas, tout en haut, provient des pages 64 et 65 de ce livre. 

mardi 3 juin 2014

Les Messagers de l'Alliance - On me conseille des romans

Déjà le premier jour, alors qu'une simple brise dessinait d'infimes rides à la surface de l'océan, l'arche avait commencé de rouler comme ce n'est pas permis. Ensuite, lorsque la mer s'agita davantage, nous ne pûmes marcher dans les couleurs qu'en nous appuyant contre les cloisons pour éviter de perdre l'équilibre. 


Les voyages dans le temps demeurent un incontournable de la littérature pour la jeunesse. On ne compte plus les téléportations au temps des dinosaures, ou des chevaliers. Alors pourquoi pas emmener un héros, dans les différents passages de la Bible. 
Dès le début j'ai aimé le principe de cette série Les messagers de l'Alliance. Je le trouve très intéressant. 
Collégiens ordinaires, juste un peu plus curieux que leurs copains, Nicolas et Frédéric se retrouvent mystérieusement mêlés à l'histoire du peuple hébreu au temps de la Bible ! Témoins de la fabuleuse Alliance entre Dieu et son peuple, ils en sont aussi les messagers ... 
J'ai adoré me retrouver aux côtés de la famille de Noé, lors de la préparation de l'Arche avant le Déluge. 
Cette série permet d'aborder la Bible autrement, et d'adopter un autre point de vue. Comme tous voyages dans l'Histoire, ces romans peuvent être lus par des enfants avec une éducation religieuse ou pas. Chacun le lira en fonction de ce qu'il connaît déjà. 

On peut aborder ces ouvrages comme de pures fictions, comme un moyen de se cultiver, et d'en apprendre plus sur la Bible, qui appartient à la Culture Générale, ou comme une manière d'éduquer, pour familiariser le jeune lecteur aux événements bibliques. 

J'aurai aimé croiser cette série, vers mes 10 ans, lorsque je me posais des questions, que j'avais envie d'en savoir plus, sur l'Ancien Testament, mais que je n'avais aucune envie de m'attaquer à ce pavé qu'est la Bible. 


Les références de ce livre: 

Au pied du Mont Horeb
Les messagers de l'Alliance
de Jean- Michel Touche
MamE, 2008. 

L'extrait cité là-bas, tout en haut, provient de la page 41.

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La maman qui m'a conseillée ce cycle de romans, m'a aussi parlé des Aventures de Jojo & Gaufrette. Dans chaque livre, on aborde un aspect de la religion catholique, à travers un événement particulier. L'histoire suscite les questions, tout en donnant des pistes de réponse, orientées en fonction de cette religion en particulier. C'est ce point que je trouve un peu dommage. J'aime bien quand les romans attisent la réflexion, mais plutôt en laissant la possibilité de multiples réponses, ou en évoquant moins directement la relation à Dieu.   



Les références de ce livre: 

Un Noël explosif
Les Aventures de Jojo & Gaufrette
d'Olivier Bonnewijn (Texte)
et d'Amandine Wanert (Illustrations)
Éditions de l'Emmanuel, 2010. 


samedi 3 mai 2014

Prières de Jean-François Chabas

- Jack MacIain 18 ans - Wick Écosse 25 décembre 1997 - ... Saint Pierre, j'ai un mal de crâne plutôt balèze. Parce qu'on a fêté la naissance du Boss, pas vrai ? Le Big Boss, comme dirait votre patron. Vous êtes notre saint patron, à nous les pêcheurs, et lui, c'est votre patron. L'anniversaire du patron du patron. Ou plutôt du fils du patron du patron, mais bon, je n'ai jamais très bien compris cette histoire de Jésus, de Dieu et du Saint-Esprit. Trois en un. Comme les produits d'entretien. ...


Quatrième de couverture : 
Ils sont quatre. Ils n'ont pas le même âge, ne vivent ni dans le même pays, ni à la même époque. 
Amine, le Libanais de 9 ans, J'ack, l'Écossais de 17 ans, Dolores, la Mexicaine de 31 ans, et Prosper, l'Haïtien de 67 ans, ne se sont jamais rencontrés. 
Pourtant, ils ont une connaissance en commun. C'est la souffrance. À cause d'un deuil, d'une guerre, d'une révolte, d'un amour, leur souffrance, les ballotte entre espérance et désespoir. Pendant des années, des décennies, toute une vie. 
Amine enrôle la Vierge dans son armée, Jack engueule saint Pierre, Dolores interroge Notre Père, Prosper implore Dieu. 
Alors leurs voix s'entrecroisent et se rejoignent. Parce que, quoi que vous soyez, vous n'êtes jamais aussi sincère que lorsque vous priez. 
Dans un premier temps, je fus surprise par la forme de ce livre. Les prières de quatre personnes  catholiques s'alternent. Puis j'ai fait plus attention aux lieux et aux dates. Ce qui est dit dans les prières, donne des informations sur le contexte. 
On pourrait comparer le style d'écriture à un roman épistolaire, dans lequel on aurait accès qu'à un des deux correspondants. Le dialogue est à sans unique. Les personnages s'adressent à Dieu, en espérant trouver des réponses dans leurs vies - une guerre gagnée, un fils qui revient, le retour au pays, ou une fiancée fidèle -. 

Dans la prière, les mots utilisés sont spontanés. L'auteur a réussi à donner l'impression que les personnages se livrent sans filtre, sans tabou. 

Le personnage qui m'a le plus interpellé ... 

Amine participe à la guerre au Liban à la fin des années 1980 ; il livre ses combats au nom de la Vierge Marie. Il part détruire des vies, au nom de Dieu, alors que ses ennemis croient en un autre Dieu. Dans ses prières, il est intransigeant, sans demi-mesure. Son combat est juste, nécessaire.... d'après lui. Qu'est-on capable de faire au nom de Dieu ? 

Et parce que j'ai aimé le ton adopté par Jack ...




Les références de ce livre: 

Prières
de Jean-François Chabas
L'école des loisirs, 2008.

L'extrait cité là-bas, tout en haut, provient de la page 48 de ce livre. 

lundi 21 avril 2014

Le monde attend derrière la porte

... Moi je vois pas pourquoi le Seigneur il aimerait pas le foot, avait-il rétorqué face à mes mises en garde. À son époque, ça n'existait pas mais si ça se trouve, ça lui aurait plu et avec ses douze apôtres, il aurait même pu faire une équipe. ...
... Les idées bousculaient dans ma tête. Pourquoi  serions-nous les seuls à détenir la Vérité ? Et les autres, alors les catholiques de cette église, les musulmans tels que Sélim, les juifs, les bouddhistes ? Et ceux qui ne croyaient pas ? N'étaient ils pas persuadés de vivre selon la Vérité ? ...
... Si le Dieu au nom duquel ils agissaient existait vraiment, je n'étais pas sûre qu'il approuverait notre mode de vie; à ma connaissance quand il avait dit "aimez vous les uns les autres " il n'avait pas précisé "sauf ceux qui n'appartiennent pas à la Communauté." Évidemment, le "monde" était loin d'être parfait, il était dominé par le profit, la satisfaction égoïste des plaisirs, l'ambition, et trop souvent ravagé par l'injustice et la violence. Mais vivre dans une bulle pour se protéger de tout ça n'était pas une solution, il valait mieux se battre pour tâcher d'améliorer un peu les choses. ...



Trois extraits de ce roman, pour donner le ton, pour soulever quelques problématiques. Il y a peu de romans, avec des questions religieuses à l'intérieur, sans que cela soit un cheval de bataille. J'ai aimé croiser celui-ci. 

 " Sans que cela soit un cheval de bataille, quand même l'adolescente rejette la religion !!" 

Dans ce roman, Sarah, 15 ans, ne rejette pas la foi, ou la croyance, mais les obligations associées. Les contraintes de la société dans laquelle elle vit, coincée. Elle ne doit pas parler à des personnes, qui ne sont pas de sa religion. Chaque décision est prise au sein de la communauté. Ils doivent tous obéir à des règles, sous peine d'être exclu complètement. 

"Mais c'est une secte !"

Je me fais la réflexion en écrivant cette chronique, que je ne pense pas avoir lu le mot secte, dans ce roman. La religion n'est pas identifiée, et n'est pas jugée. Il est plutôt question de la relation de Sarah, avec ses parents, qui suivent sans aucun écart, ce qu'on leur a enseigné. 

Ce roman offre un oeil critique sur sa propre religion. Réfléchit-on aux règles imposées, sait-on pourquoi on les applique ? Nous empêchent-elles d'avoir un oeil sur le monde extérieur ? Est-on coincé dans une bulle étanche, inattaquable ? 

Croire est une chose, penser aveuglément que sa croyance est la seule et unique, en est une autre. 


Les références de ce livre: 

Le monde attend derrière la porte 
de Pascale Maret 
Editions Thierry Magnier, 2009

L'extrait cité là-bas, tout en haut, provient des pages 40, 73 et 164 de ce livre. 

samedi 5 avril 2014

Sur les traces de ...

Le rayon Religions de la bibliothèque des Champs Libres de Rennes, je pensais l'avoir exploré en long en large et en travers, mais il semblerait que je fasse erreur. Car récemment j'ai découvert la collection Sur les traces de ... des éditions Gallimard Jeunesse, avec plusieurs titres intéressants. 



Le principe de cette collection est d'associer un récit captivant accompagné de nombreuses illustrations en couleurs,  et des pages encyclopédiques pour découvrir une civilisation, comme le dit si bien la quatrième de couverture.  Pour me faire un avis personnel, j'ai suivi les traces de Moïse et son histoire m'a plu. 

L'alternance Récit / Documentaire permet d'immerger encore plus le lecteur dans l'univers des personnages. Pour ceux qui ne connaissent pas encore Moïse (ou Bouddha ou les Arabes et l'Islam), cela permet de faire des points d'informations pour restituer le contexte et positionner l'histoire dans l'Histoire. Les pages informatives ne sont pas trop denses pour ne pas couper le récit, elles sont une respiration instructive, et enrichissante.  L'idée est bien trouvée et m'a franchement intéressée. 

Les lecteurs en quête d'histoire dans l'Histoire et/ou à la recherche de récits autour de la religion seront ravis. Effectivement il ne faut pas avoir de bagage religieux pour comprendre ces récits, ils sont plutôt considérés comme une tranche d'Histoire, comme un événement incontournable de notre culture, ce qui est clairement le cas.

À faire découvrir à tous, pour se plonger dans notre passé commun.

Pour voir l'ensemble des titres de cette collection, il est possible de se rendre sur le site de l'éditeur Gallimard Jeunesse: ICI.
En ce qui concerne le sujet des religions, on peut noter qu'il existe Sur les traces de Jésus, et Sur les traces de Jeanne d'Arc.

Les références de ces livres: 

Sur les traces du Bouddha
raconté par Amina Okada
illustré par Bertrand Bataille
Gallimard Jeunesse, 2006. 

Sur les traces des Arabes et de l'islam
raconté par Youssef Seddik
illustré par Olivier Tallec
Gallimard Jeunesse, 2004.

Sur les traces de Moïse
raconté par Pierre Chavot
illustré par Jean-Michel Payet
Gallimard Jeunesse, 2001. 

mardi 11 mars 2014

La création du monde

Le Sage est difficile à approcher. Insaisissable, inconcevable, inimaginable, tant il nous dépasse. Pourtant, il a bien fallu lui donner un nom pour l'évoquer. Certains l'appellent l'Esprit; d'autres ke Grand Architectd, le Trés-Haut, le Tout-Puissant, l'Éternel; d'autres encore Dieu.



La création du Monde demeure un mystère. Comment le Monde était-il avant nous ? Au début ? Qui était là ? Comment ? Pourquoi ? Ces questionnements sont présents dans toutes les religions. 

Jacques Cassabois a regroupé plusieurs versions de cette création du Monde, à travers trois personnages religieux importants. À lire comme des histoires parmi tant d'autres, ou en s'attardant un peu plus, si on a envie de comparer les influences religieuses. 


En trois parties ...

Mardouk
La création du monde d'après les mythes de Mésopotamie

Yahvé
La création du monde d'après la Bible et les Traditions des Hébreux

Allah
La création du monde d'après le Coran et les traditions de l'Islam


Des histoires qui ne donnent pas une réponse précise, mais qui proposent des possibilités, des pistes de réflexion sur les origines de l'Homme. 


Les références de ce livre: 

La création du monde
de Jacques Cassabois
Collection Contes, Mythes et Légendes
Le Livre de Poche Jeunesse, Hachette, 2005 et réédité en 2009.

mardi 26 novembre 2013

Myriam choisie entre toutes

Myriam poursuit son chemin; elle supporte difficilement le regard apitoyé de Milka, ces yeux noirs qui lui lancent "Ma pauvre Myriam, tu n'as pas de chance avec ton fils!" Sur la place de la synagogue, elle croise les trois filles de Gad le vigneron; elles parlaient et riaient bruyamment, jusqu'à ce qu'elles aient vu Myriam; alors elles la saluent respectueusement. Myriam connaît leurs pensées: "Cette femme est la mère d'un prophète. Quelle chance elle a! Comme elle doit être fière de Ieshoua !" "Et moi je ne sais plus que croire", se dit Myriam en ajustant la cruche sur son épaule. 


Ce roman je me le suis fait piquer, un WE. En deux heures, il était lu.  J'ai interviewé le lecteur, voici ce qu'il m'a dit :

Dans cet ouvrage, Myriam est considérée avant tout comme une femme. Il n'est pas question de la vie de la Vierge Marie, perçue par la religion chrétienne. On côtoie son intimité, on partage ses tourments, dans son quotidien. C'est la vie de Myriam et Ioseph, tout simplement.  D'ailleurs on se rend compte que les noms historiques sont conservés. C'est ce point qui a marqué le plus la lecture: l'approche historique. Ce roman commence aux noces de Cana, et ensuite il y a un flashback qui fait revenir le lecteur à l'enfance de Myriam, ou encore à la naissance de son fils.

La lecture de roman entre tout à fait dans une optique de culture générale. Il n'y pas du tout besoin de connaître la vie de Jésus. Il n'y a pas d'évocations aux religions actuelles.

Il est possible de lire le roman, sans lien avec la religion, juste en le considérant comme l'histoire d'une femme. Ce roman est conseillé pour les enfants de plus de 10 ans.

Pour finir la discussion, remarque faite avec un sourire : Milka c'est la voisine pas la vache !

Les références de ce livre: 

Myriam choisie entre toutes
de Thierry Leroy
Bayard Jeunesse, 2000. 

L'extrait cité là-bas, tout en haut, provient de la page 150 de ce livre. 

mardi 17 septembre 2013

Jésus comme un roman ... de Marie-Aude Murail

Toutes ces choses que Jésus disait et qui me réjouissaient, je ne les ai comprises qu'après. Jésus apportait la guérison partout où il alait. Mais il y avait toujours des gens qui grommelaient dans son dos. Même ma belle-mère, qu'il avait pourtant guérie, grondait parfois tout bas en voyant dans notre cour toute cette bande d'éclopés et de miséreux que Jésus attirait.



Lorsqu'un auteur incontournable de la littérature pour la jeunesse écrit un roman sur Jésus, c'est dynamique et plaisant à lire. Le narrateur, l'apôtre Simon, raconte sa rencontre avec Jean le Baptiseur, puis avec Jésus, pour sa vie à ses côtés jusqu'à sa mort et sa résurrection. 
Le texte est imprimé en gros caractères, sur 166 pages. Il est adapté aux lecteurs à partir de 8-9 ans. Il n'y a pas de divagations religieux ou philosophiques, sur le fait de croire ou de ne pas croire. C'est l'histoire d'un homme, qui a croisé Jésus, personnage historique, qui a marqué son époque, puis tous les siècles qui ont suivi. 

J'ai apprécié ce roman, car il permet une approche différente de la vie de Jésus, accessible à tous les enfants, peu importe leurs croyances. Il n'est pas du tout question d'un manuel de catéchisme, ou d'un documentaire. 

Il s'agit comme le titre l'indique, de Jésus, comme un roman...

Couverture de l'édition de 2010. 

Les références de ce livre: 

Jésus comme un roman...
de Marie-Aude Murail
Bayard, 1997.
Réédition Bayard Jeunesse, 2010.  

L'extrait cité là-bas, tout en haut, provient des pages 50 et 51 de ce livre. 

vendredi 30 août 2013

La nuit des angelots

Les autres donnaient des Notre Père à dire comme punition ? Elle, elle présentait cette prière comme une récompense, à dire en souriant et en articulant et pas à toute vitesse pour s'en débarrasser. Et elle leur en expliquait chaque phrase en détail. Les autres récitaient les fiches du catéchisme officiel distribuées par l'évêché, bourrés de formules cucul-la-praline, de mots inexacts et de dessins monochromes ? elle, elle leur lisait la Bible, la vraie, ses textes beaux comme des contes ou des poèmes, leur montrait des enluminures, des vitraux et des tableaux de grands peintres inspirés par l'Évangile.


Cette dame cathé qui sort de l'ordinaire, c'est Cathy. Elle rend la séance de catéchisme de la semaine beaucoup plus intéressant et dynamique, que ce dont les enfants ont l'habitude. Elle paraît un peu folle, mais ce n'est que la première impression. Les enfants aiment partager leurs opinions et discuter avec Cathy. 
Mais comme toutes les choses agréables, on ne les apprécie que lorsqu'elles ne sont plus là. 
Les enfants se rendront compte de leur impolitesse vis-à-vis de Cathy, et décideront de consacrer une nuit à rendre service aux autres, en étendant le linge par exemple ou encore en faisant la vaisselle, pour montrer à Cathy qu'ils ont retenu son message d'entraide et de solidarité. 

Un livre pour les lecteurs débutants, pour voir autrement le catéchisme, mais aussi pour rigoler. Les illustrations sont très drôles. L'écriture est dynamique. 

Un bon moment de lecture, qui évoque surtout une expérience humaine, même si le catéchisme est le lieu de rencontre des différents personnages. 


Les références de ce livre: 


La nuit des Angelots
de Sophie Chérer
illustré par Véronique Deiss
L'école des Loisirs, 2012.

L'extrait cité là-bas, tout en haut, provient des pages ... J'ai oublié de noter le numéro des pages avant de rendre le livre à la bibliothèque ... Oups !

vendredi 24 mai 2013

L'arche part à 8 heures

- Mais c'est qui, Dieu ? 
Quand on l'interroge sur l'identité de Dieu, le pingouin ne sait pas quoi répondre exactement. 
- Oh ... Dieu ! balbutie le premier. Question difficile... Dieu est grand... Il est très, très puissant... Il a décidé des tas de règles et parfois il se fâche tout rouge si on ne les respecte pas. Mais sinon, il est très gentil ! 
- Il n'a qu'un tout petit défaut, ajoute l'autre.
- Et quoi donc ?
- Il est invisible. 
- C'est un gros défaut, dit le premier pingouin, déçu. Si Dieu est invisible, personne ne peut être sûr qu'il existe vraiment. 


La pluie devient de plus en plus forte. C'est étrange, l'eau commence à monter. Ils ont été prévenus, la colombe est venu leur apporter leurs cartons d'embarquement. L'Arche part à 8 heures tapantes. Les retardataires sont condamnés à se noyer. 
Dans ce roman, pour les jeunes lecteurs à partir de 8 ans, il est bien question de l'Arche de Noé, et du Déluge, tels qu'ils sont racontés dans la Bible. 
Il y a Noé, la Colombe et deux animaux de chaque espèce. Deux, et pas trois... Ils ne vont quand même pas abandonner le petit pingouin à son triste sort ?
La valise ventrue de la couverture, il est aisé de deviner ce qu'elle contient  ! S'en suit, une multitude de situations comiques, pendant lesquelles il faudra trouver des subterfuges pour cacher le pingouin clandestin. 

Ce roman à partir d'un épisode de la Bible, propose une histoire pleine d'humour, qui pue un peu le poisson, certes, mais vraiment très drôle. 

Il n'est pas nécessaire d'être croyant pour rire des blagues qui parsèment ce récit. Un enfant, sans culture religieuse, passera sûrement à côté de certaines allusions, mais ce n'est pas pour ça qu'il n'appréciera pas ce roman.

Coup de coeur pour le personnage de la colombe. 

Les références de ce livre: 

L'Arche part à 8 heures
d'Ulrich Hub
Alice Jeunesse, 2008. 

L'extrait cité là-bas, tout en haut, provient des pages 10 et 11 de ce livre. 

mardi 16 avril 2013

Allô Jésus, ici Momo

- Tu n'as pas compris qu'il est amoureux de cette petite ? Je suis sûre qu'il a demandé le rôle d'un mouton pour être avec elle le soir de Noël. 
- C'est complètement idiot. Il peut être avec elle tout le long de l'année. Il aura l'air de quoi dans cette église devant...
- Mouton ou roi mage, pour les enfants, ça n'a aucune importance, l'interrompt aïcha. Tout ce que voit Mohamed, c'est que tu lui interdis d'être avec celle qu'il aime. 


Qui aurait pu se douter, qu'un problème de mathématiques, aboutirait à un problème de déguisement de mouton, après avoir mangé un loukoum ? La suite des événements est un peu improbable, mais là n'est pas la question dans ce court roman. Autour d'une histoire de déguisement -roi mage ou mouton- pour la crèche vivante de Noël, s'intercalent des questions de tolérance religieuse. Les personnages sont divers, ce qui crée la mixité: un instituteur, qui ne croit pas en l'existence de Dieu, mais dont la belle-mère organise les festivités pour la naissance de Jésus, le père de Mohamed qui est musulman, et Doumbia, qui aura le rôle de Marie, même si celle-ci n'était, semble-t-il, pas noire. 
Ici et là, on en apprend plus sur les religions chrétiennes, et musulmanes, comme à la page 13: "Pour, nous, musulmans, Jésus est important. C'est un grand prophète de Dieu."

Dans ce petit roman, il est également question d'amour entre Mohamed et Doumbia, tout cela, baigné dans une bonne dose d'humour. 

Ce qui m'a fait beaucoup rire
À la première page, du chapitre 1, on lit: 
- Dans la vie, je n'ai jamais de problèmes, répète la mère de Doumbia. Dès que j'en vois un arriver, je m'assois dessus. 
Elle a cousu sur un coussin, en grosses lettres, le mot "PROBLÈMES" et c'est avec grand plaisir que, touts les jours, elle l'écrase avec ses fesses. 
Un roman à lire dès 8 ans, comme on aimerait en croiser plus souvent. Humour, tolérance et religions, des mots-clés, très bien choisis par l'éditeur. 

Les références de ce livre: 

Allô Jésus, ici Momo 
d'Éric Simard (Texte)
et de Julia Wauters (Couverture)
Collection Mini Syros
Syros, 2013.

L'extrait cité là-bas, tout en haut, provient des pages 25 et 26 de ce livre. 

vendredi 5 avril 2013

Et Dieu dans tout ça ?

- Bien sûr que Dieu existe, m'a-t-elle dit quand je lui ai posé la fameuse question. Et je regrette que ta mère ait perdu la foi. 
- Ma mère a perdu son foie ?
Je me suis un peu affolé, je ne savais pas que Dieu avait un pouvoir spécial sur le foie des gens. Ma grand-mère m'a regardé en levant les sourcils. 

Entre la foi et le foie, comment un enfant peut-il faire la différence, s'il n'a jamais entendu parlé de la première, et que le deuxième n'est évoqué qu'à Pâques, quand l'abus de chocolats peut provoquer sa crise. 
Ce roman expose dans une histoire pleine d'humour, les questions sur la religion qu'un enfant de 8-10 ans peut se poser lorsqu'il vit avec un père athée et une mère de confession catholique, non pratiquante.  
Henri, le personnage principal, a entendu parler de Dieu et de la Bible vaguement. Mais pour lui, Dieu est un mystère au même titre que le Big Bang et l'existence des dinosaures. Il ne sait même pas si vraiment il a existé.  

Grâce à l'entourage d'Henri, - son père, sa mère, sa grand-mère, son grand-père et enfin son oncle -,  le lecteur obtient des réponses à ses questions, ou plutôt il poursuit son raisonnement. D'une question à l'autre, on apprend qu'il n'y a pas qu'un seul Dieu, que chacun ne Croit pas de la même manière. 

Un roman, bourré d'humour et de jeux avec les mots, à partir de confusions, que pourraient faire les enfants de 8-10 ans, lorsqu'ils essayent de parler d'un sujet, qu'ils ne maîtrisent pas encore. 

L'histoire se termine par "Allez savoir, c'est une question qui se discute.", lorsque la maîtresse demande à Henri "Alors, mon garçon, au bout du compte, tu peux me dire si Dieu existe ? D'après toi ?". 

Ce qui est dommage: 
Ce livre publié pour la première fois en 1994, fait un peu "vieux", sur certains points. Henri regarde des vidéos avec un magnétoscope et pas un lecteur blu-ray ou en streaming sur internet. On paye avec des francs. Les questions sur l'existence de Dieu et les différentes religions sont intemporelles, mais pour un enfant qui n'a jamais vu de cassette VHS, ce livre peut manquer de modernité. 

Les références de ce livre: 
Et Dieu dans tout ça ? 
de Marie Desplechin
L'école des loisirs, 2007.
Édition originale, 1994.

L'extrait cité tout en haut provient de la page 37 de ce livre.